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Marchés prédictifs : la CFTC veut classer les paris sportifs et politiques comme des swaps, pas comme des jeux

La CFTC propose de classer les contrats événementiels comme des swaps et d'exclure les jeux de casino. Ce que cela change pour Kalshi et Polymarket.

L'Instant Crypto3 min de lecture

Table d'audience d'un bâtiment officiel à colonnes, un smartphone et une pile de jetons de casino posés à côté d'un classeur juridique

Où s’arrête la finance, où commence le jeu d’argent ? Le régulateur américain des dérivés a tranché, au moins sur le papier. Le vendredi 9 octobre 2026, la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) a publié deux textes qui rangent les marchés prédictifs du côté des produits financiers et en excluent explicitement les jeux de casino. Un enjeu de compétence majeur pour des plateformes comme Kalshi et Polymarket.

Deux textes, une même frontière

Une règle proposée : les contrats événementiels sont des swaps

Le premier texte, soumis à consultation publique, élargit expressément la définition du « swap » aux contrats événementiels, ces instruments qui permettent de parier sur l’issue d’un événement. Il vise quatre catégories : le sport, la politique, la culture et la météo.

Pour la CFTC, ces contrats servent à couvrir un risque, à spéculer et à produire de l’information sur des résultats futurs. Ce sont donc, selon son président Michael Selig, des « dérivés sur matières premières qui relèvent pleinement du champ réglementaire de la CFTC », et de sa « compétence exclusive ».

Une règle intérimaire : le casino n’est pas un dérivé

Le second texte, une règle intérimaire applicable dès sa publication, exclut de la définition du swap les produits de jeu de type casino, y compris les paris sportifs classiques et les jeux de casino. « Les produits de jeu de type casino ne sont pas des dérivés », résume Michael Selig. Les deux textes sont ouverts aux commentaires pendant 30 jours.

Pourquoi la CFTC agit maintenant

Ces règles formalisent des propositions transmises à la Maison-Blanche pour examen fin septembre. Elles s’inscrivent dans une bataille juridique ouverte : plusieurs États américains poursuivent des opérateurs de marchés prédictifs pour exploitation illégale de jeux d’argent, et la CFTC a engagé des contre-procédures pour défendre sa compétence.

Les tribunaux fédéraux sont divisés sur la question de savoir si ces contrats sont des swaps relevant du droit fédéral. Selon Decrypt, la Cour suprême suit le dossier et pourrait être amenée à trancher. En consolidant sa doctrine par voie réglementaire, la CFTC affûte ses arguments en vue de cette échéance.

L’objection des États

Les régulateurs des États et les critiques des marchés prédictifs contestent l’analyse. Pour eux, un match de football n’a pas les conséquences financières, économiques ou commerciales qu’exige la loi pour qualifier un swap, et le Commodity Exchange Act n’a jamais eu vocation à retirer aux États leur pouvoir sur les jeux d’argent. Ils pointent une incohérence : un pari sportif chez un bookmaker resterait hors du champ des swaps, tandis qu’un contrat sur le même match y entrerait.

Kalshi face au risque de délit d’initié

L’actualité rappelle que ces marchés posent aussi des questions d’intégrité. Selon le Wall Street Journal, repris par The Block, Kalshi enquête sur trois mises placées avant l’annonce du choix de Katie Zacharia comme porte-parole de la Maison-Blanche. Elles totalisaient environ 173 dollars (19, 74 et 80 dollars) pour un gain attendu d’environ 9 600 dollars, alors que le marché ne lui attribuait qu’environ 1 % de chances.

Kalshi a confirmé l’enquête sans autre commentaire. La plateforme impose depuis juin la déclaration de l’employeur sur les marchés jugés les plus exposés aux délits d’initiés. En août, un ancien opérateur de téléprompteur de la Maison-Blanche a accepté de rembourser 107 539 dollars de gains et de payer une amende civile de 65 000 dollars pour solder des poursuites de la CFTC.

Ce qu’il faut retenir

Si la doctrine de la CFTC s’impose, les contrats événementiels échapperaient aux régulateurs des jeux des États pour relever d’un cadre fédéral unique, celui des dérivés. Ce cadre apporte aussi des obligations : surveillance des manipulations, lutte contre les délits d’initiés, protection des clients. Le débat ne fait que commencer, et il pourrait se conclure devant la plus haute juridiction américaine.

Sources : Decrypt, CasinoBeats, The Block (d’après le Wall Street Journal).

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Information financière à caractère général, pas un conseil en investissement.