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Stablecoins : le FSB alerte le G20 sur un risque de panique transfrontalière, même avec des réserves solides

Dans une note au G20, le FSB décrit comment un stablecoin émis par plusieurs entités peut subir une ruée localisée. Mécanisme, chiffres et pistes.

L'Instant Crypto3 min de lecture

Plusieurs salles de coffres reliées par des couloirs, une file de personnes devant un seul coffre

Le marché des stablecoins pèse environ 300 milliards de dollars, et ses règles se construisent pays par pays. C’est précisément ce décalage qui inquiète le Conseil de stabilité financière (FSB). Dans une note adressée au G20 et publiée le 12 octobre 2026, l’organisme international décrit comment un stablecoin mondial pourrait subir une ruée concentrée sur une seule de ses entités, même si ses réserves sont globalement suffisantes.

Ce que dit le FSB

La note s’intitule « Global stablecoin arrangements: Cross-border vulnerabilities and financial stability monitoring ». Elle ne contient pas de nouvelles règles contraignantes, mais dresse un état des lieux des vulnérabilités et des pistes de surveillance.

Le constat de départ : le marché des stablecoins représente environ 300 milliards de dollars à la mi-2026, un niveau quasiment inchangé sur un an, et 99 % de sa valeur est indexée sur le dollar américain.

Le mécanisme : des réserves au mauvais endroit

Le cœur de l’analyse porte sur les stablecoins émis par plusieurs entités affiliées. Dans ce modèle, plusieurs sociétés d’un même groupe partagent la responsabilité d’un stablecoin unique, mais détiennent des réserves séparées, souvent dans des juridictions différentes.

En temps normal, le système fonctionne. Mais en période de stress, la demande de rachat pourrait, selon le FSB, se concentrer sur une seule entité du groupe. Le rééquilibrage des réserves entre entités pourrait alors se heurter à des frictions. Son efficacité dépend de la mobilité des réserves, de l’accès aux marchés, de la circulation de l’information et de la coordination entre autorités, autant d’éléments qui peuvent céder en pleine crise.

Il faut lire ce point avec précision : le FSB rappelle que la quantité et la qualité des réserves restent des déterminants essentiels de la solidité d’un stablecoin. Le risque décrit n’est pas celui de réserves insuffisantes, mais de réserves disponibles au mauvais endroit, au mauvais moment.

D’autres facteurs aggravants

La note pointe aussi un décalage horaire structurel : les stablecoins s’échangent 24 heures sur 24, sept jours sur sept, alors que les actifs de réserve ont des heures de marché. Le caractère pseudonyme des transactions complique par ailleurs l’identification des détenteurs. Enfin, une ruée pourrait se propager au système financier traditionnel.

Une réglementation à plusieurs vitesses

Dans une lettre aux ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du G20, datée du 8 octobre, le président du FSB, Andrew Bailey, également gouverneur de la Banque d’Angleterre, résume l’enjeu : les dispositifs de stablecoins mondiaux sont « intrinsèquement transfrontaliers », alors que les réglementations nationales « prennent forme à des vitesses différentes ». Selon lui, la surveillance transfrontalière, la gestion de crise et les régimes d’insolvabilité restent « immatures ou pas encore développés ».

Les pistes de travail

Le FSB propose de renforcer la surveillance des vulnérabilités transfrontalières, de recueillir des informations sur les approches émergentes de planification en cas de difficulté ou de défaillance, et de développer des indicateurs de stabilité financière en identifiant les lacunes de données. Ces travaux s’appuient sur ses recommandations de 2023. Les ministres des Finances et gouverneurs du G20 se réunissent le 15 octobre.

Ce qu’il faut retenir

Le message du FSB n’est pas que les stablecoins sont mal garantis, mais que leur architecture internationale crée une fragilité nouvelle : un actif peut être solide à l’échelle du groupe et vulnérable à l’échelle d’une entité. Pour les investisseurs, la question n’est pas seulement « les réserves existent-elles ? », mais « où sont-elles, et peut-on les mobiliser en cas de crise ? ».

Sources : Conseil de stabilité financière (note et lettre au G20, octobre 2026), CoinDesk.

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Information financière à caractère général, pas un conseil en investissement.